Documentation OTAv1
OTAv1 est un réencodeur vidéo batch vers AV1. Il traite un dossier entier en une seule fois, conserve toutes les pistes audio et sous-titres à l'identique, et prend en charge aussi bien l'encodage logiciel (SVT-AV1) que l'accélération matérielle (NVIDIA, AMD, Intel, VAAPI).
1-Prérequis
OTAv1 contient jellyfin-ffmpeg : c'est ffmpeg qui fait l'encodage, l'application se contente de piloter la file de traitement et l'interface. Vous pouvez utiliser un ffmpeg récent installé séparément, accessible dans le PATH du système (ou placé à côté de l'exécutable sous Windows).
Ce ffmpeg doit être compilé avec libsvtav1 pour l'encodage logiciel, seul mode garanti de fonctionner partout. Les modes matériels sont optionnels et nécessitent chacun un encodeur ffmpeg spécifique en plus du matériel et des pilotes adéquats :
av1_nvenc pour un GPU NVIDIA récent (RTX 40xx ou plus récent pour l'AV1)
av1_amf pour un GPU AMD RDNA3 (RX 7000 ou iGPU Ryzen 7040/8000) sous Windows
av1_qsv pour un GPU Intel Arc ou un iGPU récent avec bloc AV1
av1_vaapi pour un GPU AMD ou Intel sous Linux via VAAPI.
Otav1 détecte automatiquement au démarrage lesquels de ces encodeurs sont disponibles dans votre ffmpeg et grise les cases correspondantes s'ils manquent, donc il n'y a pas de mauvaise manipulation possible : dans le doute, l'encodage logiciel suffit et fonctionne sur n'importe quelle machine.
2-Installation
2-1-Linux (AppImage)
Téléchargez Otav1-x86_64_xxx.AppImage, rendez-le exécutable puis lancez-le :
chmod +x Otav1-x86_64_[VERSION].AppImage
./Otav1-x86_64_[VERSION].AppImageSi rien ne se passe au double-clic, c'est probablement que FUSE n'est pas disponible sur votre système (fréquent dans certains conteneurs ou distributions récentes). Dans ce cas, lancez plutôt :
./Otav1-x86_64_[VERSION].AppImage --appimage-extract-and-runPour intégrer Otav1 au menu d'applications de votre environnement de bureau, placez l'AppImage dans un dossier permanent (par exemple ~/Applications) puis utilisez un outil comme AppImageLauncher, qui s'en charge automatiquement.
Pour une utilisation PATH, installez ffmpeg via le gestionnaire de paquets de votre distribution, en vérifiant qu'il inclut libsvtav1 :
ffmpeg -hide_banner -encoders | grep svtav1Si rien ne s'affiche, votre paquet ffmpeg est trop ancien ou compilé sans ce codec ; il faudra alors soit passer par un dépôt plus à jour, soit compiler ffmpeg vous-même, soit utiliser la binaire jellyfin-ffmpeg intégrée.
2-2-Windows (exécutable portable)
Téléchargez Otav1.exe et lancez-le directement, aucune installation n'est nécessaire. Vous pouvez placer un ffmpeg.exe récent (avec libsvtav1) soit dans le même dossier que Otav1.exe, soit dans une variable PATH accessible depuis Windows. Les binaires ffmpeg pour Windows sont disponibles notamment sur gyan.dev ou BtbN sur GitHub.
Notez que VAAPI est une technologie Linux ; sous Windows, cette case restera toujours grisée, ce qui est normal. Pour l'accélération matérielle sous Windows, utilisez NVIDIA, AMD ou Intel selon votre GPU.
3-Utilisation
3-1-Choisir le dossier à traiter
Cliquez sur "Parcourir…" pour sélectionner le dossier contenant vos vidéos, ou collez directement un chemin dans le champ. Otav1 traite tous les fichiers vidéo du dossier (extensions courantes : mp4, mkv, avi, mov, webm, etc.) et écrit les résultats dans un sous-dossier AV1 créé automatiquement à côté des originaux.
3-2-Choisir l'encodeur
Par défaut, Otav1 encode en logiciel via SVT-AV1 (CPU). Pour utiliser l'accélération matérielle, cochez NVIDIA, AMD, Intel ou VAAPI selon votre matériel : un seul encodeur peut être actif à la fois, donc cocher une case décoche automatiquement les autres. Une case grisée avec la mention "indisponible" signifie que l'encodeur correspondant n'a pas été détecté dans votre ffmpeg ou, pour VAAPI, qu'aucun périphérique /dev/dri/render… n'a été trouvé.
Quand VAAPI est sélectionné et que plusieurs périphériques GPU sont détectés, un menu déroulant permet de choisir lequel utiliser.
3-3-Réglages qualité et vitesse
Les champs "qualité" et "preset" s'adaptent à l'encodeur choisi : CRF pour le logiciel, CQ pour NVIDIA, QP pour AMD, qualité globale pour Intel et VAAPI. Dans tous les cas, une valeur plus basse donne une meilleure qualité (et un fichier plus lourd). Le preset contrôle le compromis vitesse/compression et prend des valeurs différentes selon l'encodeur (un nombre pour le logiciel, des presets nommés pour le matériel).
Cocher "Préréglage anime" fait apparaître un sélecteur de style, avec trois variantes adaptées à des types d'animation différents.
"Moderne" (digital, aplats larges) cible le banding typique de l'animation numérique récente avec des matrices de quantisation poussées.
"Rétro / cellulo" relâche ces mêmes matrices pour préserver le grain de pellicule des œuvres plus anciennes plutôt que de le lisser.
"Action rapide" accepte une compression un peu plus forte, adaptée aux scènes très mouvementées où l'œil ne remarque pas la perte de finesse sur les aplats. Chaque style ajuste automatiquement la qualité et le preset, tout en restant modifiable manuellement ensuite.
3-4-Mode de qualité : constante ou débit/taille cible
Par défaut, Otav1 encode à qualité constante (CRF/CQ/QP), ce qui donne une qualité homogène mais une taille de fichier imprévisible à l'avance.
En basculant sur "Débit ou taille cible", vous indiquez soit une taille totale en mégaoctets, soit un débit vidéo direct en kbit/s, et Otav1 calcule automatiquement le débit vidéo nécessaire pour chaque fichier (en sondant sa durée réelle et le débit de ses pistes audio via ffprobe, puis en soustrayant ce dernier du budget total).
L'encodage se fait alors en VBR à un seul passage avec plafond de débit : le résultat reste une estimation, pas une taille garantie au octet près, mais suffisamment proche en pratique pour respecter une contrainte d'espace disque ou de bande passante.
Une case "Multipass" apparaît dans ce mode, mais elle n'a d'effet réel qu'avec l'encodeur NVIDIA : NVENC dispose d'un vrai mécanisme de double passage interne (-multipass fullres) qui améliore la précision du ciblage et la répartition du débit.
Elle reste grisée avec la raison affichée pour tous les autres cas : AMD, Intel et VAAPI n'exposent pas d'équivalent pour l'AV1 dans ffmpeg, et le logiciel (libsvtav1) accepte les options de 2-passes sans erreur mais ne les implémente pas réellement (vérifié : le résultat est strictement identique à un simple passage unique), donc Otav1 ne propose pas cette option pour ne pas faire perdre du temps sans bénéfice.
La case est également grisée en mode qualité constante, où il n'y a pas de débit cible à affiner.
3-5-Sous-dossiers
Cochez "Inclure les sous-dossiers" pour qu'Otav1 parcoure récursivement l'arborescence du dossier choisi, au lieu de se limiter à son premier niveau.
3-6-Lancer le traitement et suivre la progression
Le bouton "Lancer le réencodage" démarre la file de conversion. Pour chaque fichier, Otav1 sonde sa durée puis affiche une progression en temps réel : pourcentage d'avancement et temps restant estimé, calculés à partir de la sortie machine-readable de ffmpeg plutôt que d'un simple compteur de fichiers.
La zone de journal affiche en complément les éventuelles erreurs de ffmpeg.
Le bouton "Arrêter" interrompt proprement le traitement en cours après le fichier en cours d'encodage. Si un fichier de sortie existe déjà dans le dossier AV1 (même nom), il est automatiquement ignoré, ce qui permet de relancer Otav1 sur un dossier partiellement traité sans tout recommencer
3-7-À propos des fichiers de sortie
Le nom du fichier de sortie reprend celui de la source, avec deux différences.
D'abord, si le nom contient un codec reconnu (x264, h264, x265, hevc, xvid, vp9, etc.), celui-ci est automatiquement remplacé par AV1 : Film.2023.x264-GROUPE.mkv devient Film.2023.AV1-GROUPE.mkv.
Ensuite, les métadonnées de débit, durée et nombre de frames héritées de la source sont effacées sur la piste vidéo réencodée plutôt que recopiées telles quelles, pour que les lecteurs et outils comme MediaInfo affichent des informations justes sur le nouveau fichier AV1 plutôt que les anciennes valeurs de la source.
3-8-Changer de langue
Un sélecteur en haut à droite de la fenêtre permet de basculer l'interface entre français, anglais, allemand, espagnol et chinois simplifié à tout moment, sans redémarrer l'application.
4-Dépannage
Si ffmpeg est introuvable, Otav1 l'indique au démarrage par un message d'erreur explicite ; vérifiez qu'il est bien installé et accessible dans le PATH.
Si un encodeur matériel reste grisé alors que vous pensez avoir le GPU adéquat, vérifiez d'abord que votre ffmpeg inclut bien l'encodeur correspondant (ffmpeg -hide_banner -encoders | grep av1), puis que vos pilotes GPU sont à jour.
Pour AMD sous Linux, notez que av1_amf n'existe pas : c'est av1_vaapi qu'il faut utiliser à la place, AMF étant une technologie propre à Windows.
Si la progression n'affiche pas de pourcentage ou de temps restant sur un fichier donné, c'est probablement que ffprobe n'a pas pu déterminer sa durée (fichier avec un en-tête incomplet ou conteneur inhabituel) ; l'encodage se poursuit normalement, seule l'estimation manque.

